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Le Directoire



La constitution de l'an III
La Convention nationale rédige également une nouvelle Constitution, approuvée le 22 août 1795.
Elle confère le pouvoir exécutif à un Directoire composé de cinq membres, qui doit nommer les ministres et généraux en chef. Le pouvoir législatif est confié à deux chambres, le Conseil des Anciens (250 membres) et le Conseil des Cinq-Cents. Un membre du Directoire et un tiers des assemblées sont renouvelés chaque année, à partir de mai 1797. Le suffrage est censitaire, et seuls les contribuables pouvant établir la preuve d'une année de résidence dans leur district électoral disposent du droit de vote.
La nouvelle Constitution, très en retrait par rapport à la démocratie jacobine, veut à tout prix éviter un retour à la dictature parlementaire. Les rivalités de pouvoir au sein du gouvernement deviennent chroniques, de même que les blocages institutionnels entre les pouvoirs législatif et exécutif. Cette crise politique permanente entraîne un manque de continuité dans la gestion des affaires de la nation, et favorise plusieurs tentatives de coup d'État.

La Convention nationale, toujours anticléricale (d'hostilité au pouvoir de l'Église et des ecclésiastiques) et antiroyaliste (régime politique dans lequel l'autorité est exercée par un roi héréditaire) en dépit de son opposition au jacobinisme (politique favorable au centralisme administratif républicain), crée des garde-fous contre la restauration de la monarchie. Il est décidé de nommer les premiers Directeurs et les deux tiers du corps législatif parmi les membres de la Convention.
En réaction contre ce décret, les royalistes parisiens organisent, le 5 octobre 1795, une insurrection contre la Convention. L'émeute est rapidement maîtrisée par les troupes du général Napoléon Bonaparte, encore peu connu. La Convention nationale se sépare le 26 octobre 1795, et un nouveau gouvernement est mis en place.

Le gouvernement des Directeurs rencontre dès le début un grand nombre de difficultés, malgré la présence d'hommes politiques de premier plan, comme Talleyrand. Souvent considéré comme un régime de transition entre la phase révolutionnaire proprement dite (que certains font arrêter à thermidor) et la période napoléonienne, le Directoire se consacre à stabiliser les bouleversements des années précédentes. Il est confronté à une grave crise économique et sociale qui accentue les inégalités entre les couches populaires misérables et une petite classe enrichie, menant une vie fastueuse (les muscadins (membre d'un groupe d'adversaires des Jacobins, à la fin de la Révolution française, qui se signalaient par leur tenue recherchée), incroyables et merveilleuses).
Le Directoire hérite d'une crise financière aiguë, qui entraîne la suppression des assignats le 19 février 1796. Malgré la mort, la fuite ou la disparition de la plupart des dirigeants jacobins, l'esprit du jacobinisme reste très ancré dans les classes populaires. De leur côté, les royalistes mènent une campagne intense pour la restauration monarchique. La période est marquée par de fréquents changements de cap politique, le gouvernement réprimant ou cherchant tour à tour à se rapprocher de la « gauche » jacobine et de la « droite » conservatrice.

La bourgeoisie, déterminée à préserver un statut durement acquis, comprend les avantages matériels et politiques qu'elle peut espérer d'une continuation de la guerre, qui lui permettrait de canaliser l'énergie libérée par la Révolution.
Le patriotisme révolutionnaire est progressivement remplacé par une guerre de conquête inspirée par le nationalisme. La France a encore quelques contentieux à régler avec le Saint Empire romain germanique et l'absolutisme de la majeure partie des monarchies européennes est vécu comme une menace pour le pays.

Quelques mois après son entrée en fonction, le Directoire confie à Napoléon Bonaparte le commandement de la campagne d'Italie (campagne de Napoléon III en Italie contre l'Autriche-Hongrie, de mars 1796 à octobre 1797), qui permet au jeune général d'acquérir sa popularité.
Les trois coups d'État du 4 septembre 1797 (18 fructidor an V), du 11 mai 1798 (22 floréal an VI) et du 18 juin 1799 (30 prairial an VII) reflètent simplement les luttes de factions au sein de la bourgeoisie.
Le réveil de la gauche jacobine se manifeste par le complot du radical Gracchus Babeuf, qui préconise une distribution égale de la terre et des revenus.
La «conjuration des Égaux (durant la Révolution française, conspiration contre le Directoire menée en mai 1796 par le révolutionnaire et précurseur du communisme Gracchus Babeuf) » de mai 1796 échoue, et Babeuf, trahi par un complice, est exécuté le 27 mai 1797 (8 prairial).
Les revers militaires de l'été 1799, les difficultés économiques et l'agitation sociale mettent en danger la suprématie politique de la bourgeoisie. Dans l'esprit de la plupart des dirigeants de l'époque, comme Lucien Bonaparte (président du Conseil des Cinq-Cents), Joseph Fouch (ministre de la Police), Emmanuel Sieyès (membre du Directoire) et Talleyrand, la crise ne peut être résolue que par une action énergique.

Les 9 et 10 novembre 1799 (18-19 brumaire an VIII), le Directoire est renversé par un coup d'État du général Bonaparte.
Le 24 décembre 1799, une nouvelle Constitution instaure le Consulat, au sein duquel Napoléon Bonaparte occupe d'emblée une place prédominante.
Investi du pouvoir dictatorial en qualité de Premier consul, il détourne rapidement le zèle et l'idéalisme révolutionnaires à son profit. Alors qu'en France les principes révolutionnaires connaissent un net reflux, ils se répandent en Europe à la faveur des guerres napoléoniennes.





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