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La convention nationale


Nous allons donc étudier dans cette partie trois différentes conventions.
La première est, suivant l'ordre chronologique, La Convention girondine (septembre 1792-mai 1793).

Avec la chute de la monarchie, la guerre prend un caractère national et politique au lieu d'être un simple conflit entre princes. Le 20 septembre 1792, c'est la victoire à Valmy : une armée de sans-culottes commandée par le général Dumouriez stoppe l'avance prussienne.
La Convention nationale fraîchement élue, qui se réunit le jour même de cette victoire éclatante, proclame la République le 21 septembre.

Le 19 novembre, les Girondins font voter un texte promettant « fraternité (solidaritée) et secours à tous les peuples qui voudront recouvrer leur liberté ».

L'accord entre les principales factions de la Convention, les Girondins et les Montagnards, va à peine au-delà de ces premières mesures. Des dépêches optimistes arrivent presque chaque semaine des armées, qui ont pris l'offensive après la bataille de Valmy et se sont successivement emparées de Mayence, de Francfort, de Nice, de la Savoie et des Pays-Bas autrichiens.
Au même moment, la lutte s'intensifie à la Convention, la Plaine oscillant entre un soutien aux Girondins (qui craignent l'influence de Paris et souhaitent arrêter la Révolution) et aux Montagnards (plus radicaux).
Le premier bras de fer important est le procès de Louis XVI, que les Girondins veulent retarder. La majorité approuve la proposition des Montagnards de le juger pour trahison devant la Convention.
Le 15 janvier 1793, par un vote quasi unanime, la Convention déclare le souverain coupable, mais se divise le lendemain sur la nature de la peine. Des lignes de clivage très nettes apparaissent entre les « régicides (favorable à la peine de mort) » et ceux qui refusent la peine capitale.
Condamné à mort par une très faible majorité (387 voix contre 334), Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793.

S'ensuient ensuite pour le régime des difficultés...

L'influence des Girondins à la Convention nationale diminue sensiblement après l'exécution du roi. Leurs divisions internes au cours du procès atteignent irrémédiablement leur prestige, depuis longtemps au plus bas dans la population parisienne, laquelle leur préfère les Jacobins. Les Girondins subissent aussi les contrecoups des revers militaires essuyés par les armées françaises contre la coalition formée par l'Angleterre, les Provinces-Unies, l'Espagne et plusieurs États italiens.
Le 24 février 1793, la Convention vote la conscription de 300 000 hommes. Les émissaires dépêchés dans les départements afin d'organiser la levée sont choisis parmi les Montagnards, creusant le fossé entre Girondins et masses populaires.
En Vendée, des royalistes et des prêtres réfractaires savent exploiter le traumatisme causé par l'exécution du roi et l'hostilité des paysans à la conscription pour mener une révolte armée qui s'étend rapidement aux départements voisins. Le 18 mars 1793, le général Dumouriez est battu par les Autrichiens à Neerwinden et passe à l'ennemi.

Les Girondins tentent en vain de s'opposer aux propositions jacobines destinées à renforcer le pouvoir du gouvernement. Un Tribunal révolutionnaire est institué le 10 mars 1793 pour juger les suspects et, le 6 avril, la Convention crée le Comité de salut public (organe exécutif de la République) et réorganise le Comité de sûreté générale (instance exécutive chargée de la police politique entre 1792 et 1795).

La défection du chef de l'armée, l'extension de la guerre civile et l'avance des forces ennemies, qui envahissent à nouveau le territoire national, provoquent une crise à la Convention. La rivalité entre Girondins et Montagnards se fait de plus en plus acharnée. Les Girondins tentent une contre-attaque maladroite en mettant en accusation Jean-Paul Marat, l'un des chefs montagnards les plus populaires et les plus radicaux, qui est acquitté triomphalement par le Tribunal révolutionnaire le 24 avril.


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La victoire à Valmy L'exécution du roi Les difficultés du régime

La Convention montagnarde (juin 1793-juillet 1794)
Les 31 mai et 2 juin 1793, une insurrection de trente et une sections parisiennes, menée par le journaliste Jacques Hébert et d'autres radicaux, somme la Convention d'arrêter vingt-sept députés girondins ainsi que les ministres Lebrun-Tondu et Clavière (le premier est exécuté et le second se suicide).
Les sans-culottes réclament une meilleure répartition des richesses et la poursuite de la déchristianisation. Ils constituent le principal soutien des Jacobins, qui prennent le contrôle du Comité de salut public le 10 juin, et en font le principal instrument de la dictature révolutionnaire après l'avoir totalement réorganisé.
Trois jours plus tard, Jean-Paul Marat est assassiné par Charlotte Corday (site : charlotte-corday.com), une Girondine.
L'indignation suscitée par ce crime élargit considérablement l'influence des Jacobins.

Arrive une nouvelle constitution qui se nommera tout simplement l'an I
Le 24 juin 1793, la Convention promulgue une nouvelle Constitution (ensemble de lois régissant la forme politique d'un gouvernement ou d'un État) faisant une large place à la démocratie directe, ainsi qu'une Déclaration des droits de l'homme, d'inspiration plus sociale que la première mais jamais appliquée.
Le 10 juillet, Georges Danton quitte le Comité de salut public et, le 27, Maximilien de Robespierre y fait son entrée ; il en devient rapidement le membre le plus influent.
En collaboration avec Louis Saint-Just, Lazare Carnot et Georges Couthon, il prend des mesures radicales pour sauver la Révolution et anéantir ses ennemis de l'intérieur et de l'extérieur.
D'avril 1793 à juillet 1794, la Convention nationale renouvelle chaque mois les pouvoirs du Comité, qui met en place un régime de Terreur, instrument politique de la lutte contre les contre-révolutionnaires.

C'est donc tout une véritable instauration de la "Terreur" qui est présente...
La situation militaire de la République est critique. Les monarchies européennes coalisées ont repris l'offensive sur tous les fronts. Condé-sur-l'Escaut (10 juillet 1793), Mayence (23 juillet) et Valenciennes (28 juillet) tombent, et Toulon est assiégée par les Britanniques.
Un nouveau décret de conscription, publié le 23 août, ordonne la levée en masse de toute la population mâle apte au service.
Quatorze armées (750 000 hommes) sont constituées en hâte, équipées et expédiées au front. Les contre-révolutionnaires royalistes et catholiques contrôlent la majeure partie de la Vendée et de la Bretagne. L'insurrection fédéraliste s'étend, et plusieurs villes importantes (dont Caen, Lyon, Marseille et Bordeaux) sont aux mains des Girondins. En outre, le Comité doit faire face à une opposition interne croissante.

La loi des suspects (loi révolutionnaire qui a ordonné l'arrestation des ennemis de la Révolution française), votée le 17 septembre 1793, permet d'étendre la Terreur.
Le 16 octobre, la reine Marie-Antoinette est exécutée, et 31 dirigeants girondins de premier plan (dont Brissot de Warville) subissent le même sort le 31 octobre. La répression s'abat sur tous les royalistes, prêtres, Girondins et autres suspects d'activités ou de sympathies contre-révolutionnaires.
Les tribunaux révolutionnaires fonctionnent de manière expéditive et envoient des milliers de personnes à la guillotine. À Paris, 2 585 personnes périssent sur l'échafaud entre avril 1793 et juillet 1794, dont la moitié au cours des deux derniers mois.
En province, en particulier dans les régions d'insurrection royaliste, les traîtres, avérés ou suspects, subissent un sort plus dur encore.
En trois mois, sous la houlette de Jean-Baptiste Carrier, le tribunal de Nantes condamne à la guillotine plus de 8 000 personnes qui ont soutenu la rébellion vendéenne, et procède à des exécutions de masse par noyade.

Outre les milliers de condamnations à mort prononcées dans toute la France par les tribunaux révolutionnaires, de nombreuses personnes meurent dans les prisons surpeuplées, ou sont sommairement exécutées. Le nombre total de victimes est estimé à près de 40 000 personnes. Tous les courants politiques et toutes les couches de la société sont touchés. Environ 8% des condamnés par les tribunaux révolutionnaires sont d'origine noble, 6% appartiennent au clergé, 14% à la petite bourgeoisie (classes moyenne) et 70% sont des ouvriers ou des paysans accusés de désertion, d'accaparer des denrées, de rébellion et d'autres crimes.

La dictature "Jacobine" vit alors son apogée
C'est le clergé catholique (qui se rapporte à la doctrine et aux rites de l'Église chrétienne romaine et apostolique) qui subit proportionnellement les pertes les plus importantes. L'anticléricalisme (hostile aux pouvoirs de l'église) s'exprime encore par l'abolition, en octobre 1793, du calendrier julien (calendrier lunaire), remplacé par le calendrier républicain.
Sous l'impulsion de Robespierre, le Comité de salut public tente de réformer la France à partir d'un mélange d'humanitarisme (irréaliste) fanatique, d'idéalisme social et de patriotisme. Pour établir une « République de la Vertu », le Comité encourage le culte de la Révolution (hommages rendus sous forme de cérémonies cultuelles aux principes de la Révolution française) et prend des mesures contre la corruption et les accapareurs.
Le 21 novembre 1793, Maximilien de Robespierre prend position contre la déchristianisation (détachement du christianisme et de sa pratique), mais deux jours plus tard, la Commune de Paris décide de fermer toutes les églises et d'encourager activement le culte de la Raison, véritable religion révolutionnaire.
Ce mouvement spontané de déchristianisation active s'étend rapidement à toute la France.
Prise à l'instigation des chefs radicaux Pierre Chaumette et Jacques Hébert, cette décision accentue le fossé séparant les Jacobins centristes, menés par Robespierre, des « hébertistes (partisans de Jacques Hébert et favorables à une radicalisation du régime de Terreur mené par Maximilien de Robespierre)» et des « enragés (patriotes réclamant de la Convention nationale les mesures sociales et économiques les plus radicales) », respectivement puissants à la Convention et au sein de la Commune de Paris.

Grâce à la levée en masse, la guerre contre la coalition tourne à l'avantage de la France. Le général Jean-Baptiste Jourdan bat les Autrichiens à Wattignies le 16 octobre 1793 et, avant la fin de l'année, les envahisseurs sont repoussés au-delà du Rhin et Toulon libérée.
À l'intérieur, le Comité de salut public est parvenu à mater les insurrections des royalistes et des Girondins. Avec l'aide des « dantonistes », Maximilien de Robespierre parvient à se débarrasser de Jacques Hébert , qui est exécuté le 24 mars 1794 avec ses principaux partisans.
Le 5 avril, c'est au tour de Georges Danton et des « indulgents », qui réclament la fin de la Terreur.
À cause de ces purges et des représailles massives contre les tenants des deux camps, Robespierre perd le soutien de nombreux chefs jacobins, qui se sentent eux-mêmes menacés. Hostile à la déchristianisation et au culte de la Raison des hébertistes, il cherche à mettre en place un culte de l'Être suprême (décret du 7 mai 1794), inspiré de la philosophie des Lumières.
Cette tentative pour réveiller le civisme et la morale républicaine se solde par un échec.

Une série de succès militaires, notamment à Fleurus le 26 juin 1794, ouvre la voie à une deuxième conquête des Pays-Bas autrichiens. L'espoir d'une victoire renaît dans l'opinion et la politique quasi paranoïaque, maintenue par Robespierre, perd sa justification.
La Terreur atteint son paroxysme à Paris durant l'été 1794, et le bain de sang finit par provoquer l'écourement de nombreux révolutionnaires.

La tension croissante entre le Comité de salut public, où siège Robespierre qui néglige de plus en plus les séances de la Convention, et le Comité de sûreté générale tourne au profit de ce dernier.
Ses membres impliqués dans la Terreur (Barras, Tallien, Billaud-Varenne) s'allient aux députés modérés de la Plaine.
Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), Maximilien de Robespierre, son frère Augustin, Saint-Just, Lebas et Couthon sont décrétés d'arrestation et échouent dans leur tentative d'insurrection de la Commune de Paris. Arrêtés au cours de la nuit, ils sont exécutés le 28 juillet au soir.
Dans les jours qui suivent, plus d'une centaine de leurs partisans subissent le même sort. Le 9 Thermidor marque un tournant décisif de la Révolution.
La fin de la « République de la Vertu », rêvée par Robespierre, entraîne celle de la radicalisation du mouvement révolutionnaire.


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La mort de Marat Le meutre de Marat Portrait de Marat Portrait de Charlotte Corday Réquisition du salut public On fête l'être suprême George Danton
La bataille de Fleurus La chute de Robespierre Maximillien Robespierre

La Convention thermidorienne (juillet 1794-octobre 1795)
La réaction ne se fait pas attendre : c'est la naissance de la "Terreur blanche"
Jusqu'à la fin de 1794, la Convention nationale est dominée par les députés thermidoriens (relatif aux événements révolutionnaires français du 9 thermidor) du centre (la Plaine, ou Marais) qui ont renversé Maximilien de Robespierre et mis un terme à la Terreur. Les clubs jacobins sont fermés en novembre, les tribunaux révolutionnaires supprimés et plusieurs décrets, notamment celui fixant le maximum des salaires et des prix des denrées (produit de consommation destiné à l'alimentation de l'homme ou des animaux), sont abolis.
Après le rappel à la Convention des Girondins proscrits et d'autres élus modérés, le conservatisme thermidorien fait place à la réaction. Les 1er avril (12 germinal an III) et 20 mai (1er prairial an III) 1795, des émeutes de la faim et des manifestations de protestation éclatent à Paris et dans d'autres régions de France. Ces émeutes sont sévèrement réprimées, et les derniers Montagnards sont exécutés.

Durant l'hiver 1794-1795, les forces françaises commandées par le général Pichegru s'emparent des Provinces-Unies, où elles fondent la République batave, et chassent les armées ennemies au-delà du Rhin. La coalition européenne ne survit pas à cette succession de défaites. Le 5 avril 1795, la Prusse et de nombreux États allemands signent, à Bâle, un traité de paix avec la France.
Après le retrait de l'Espagne, le 22 juillet, seules l'Angleterre, la Sardaigne et l'Autriche sont encore en guerre contre la République. Les fronts restent stables jusqu'aux campagnes italiennes de Napoléon Bonaparte, l'année suivante. La paix est revenue aux frontières et, en juillet, la tentative de débarquement d'une armée d'émigrés est stoppée à Quiberon (Bretagne). C'est une vraie victoire de la part des militaires.

La suppression du budget du culte, le 18 septembre 1794, a préparé la voie à une séparation de l'Église et de l'État, qui est confirmée par un décret du 21 février 1795.





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