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Barras

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Barras Homme politique (Francais)
Né le 30 juin 1755
Décédé le 29 janvier 1829 (à l'âge de 74 ans)


Il entre dans l'armée à l'âge de seize ans. Il sert aux colonies (Ile de France) et prend part à des actions militaires aux Indes sous M. de Bellecombe et le Bailly Suffren. Il concourt en Inde à la défense de Pondichéry. Après la paix de 1783, il met fin à sa carrière, en donnant sa démission après une altercation avec le maréchal de Castries, ministre de la Marine. Il se retire avec le grade de capitaine, et vient à Paris.

De 1783 à 1789, il se trouve fort dépourvu et désouvré à Paris. On l'a accusé d'avoir fréquenté les pires maisons de jeux qui pullulaient à l'époque. Bel homme, il fréquente les femmes les plus spirituelles de l'époque, en particulier la cantatrice Sophie Arnould.

C'est par hasard qu'il assiste à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. Jusqu'alors, le vicomte de Barras n'a pas d'idées politiques bien arrêtées. Il rencontrait Mirabeau chez Sophie Arnould. Peut-être est-ce cette rencontre qui l'incite à s'inscrire à la franc-maçonnerie, puis au club des jacobins et à se lancer dans la politique comme républicain, en reniant comme tant d'autres sa caste ? Il se présente à la législative, et est élu délégué du Var, parmi 554 autres délégués. Il n'est pas élu député mais membre de la Haute-Cour d'Orléans. Celle-ci devant être dissoute, il rentre à Paris, et est nommé Commissaire près de l'armée d'Italie.

Élu député suppléant du Var à la Convention en 1792, il siége avec les Montagnards et vote la mort du roi Louis XVI. Après la mort de Louis XVI, la Convention, attaquée de toutes parts, nomme des représentants délégués dans les provinces et aux armées. Il part en mission dans les Basses et les Hautes-Alpes, puis une nouvelle fois à l'armée d'Italie. Face à l'insurrection qui se forme à Toulon, puis à Marseille, il fait preuve d'initiative et de courage et persuadé de la trahison du [général Brunet, il le fait arrêter au milieu de son armée. C'est là qu'il reçoit l'ordre de reprendre Toulon qui insurgée sous l'action du parti royaliste, a ouvert le port aux flottes ennemies, britanniquee et espagnole, et livré une partie de la flotte aux Britanniques.

Craignant un débordement des ennemis, Barras confie à un jeune capitaine d'artillerie, Bonaparte, la défense des côtes de Provence. Bonaparte dit Barras dans ses mémoires, faisait preuve alors de beaucoup d'activisme, et n'hésitait pas à se dire ultra-montagnard. Barras lui accorde sa bienveillance et sa protection, mais Barras n'attribue à Bonaparte qu'un rôle secondaire dans la prise de Toulon " Le véritable preneur de Toulon c'est le général Dugommier". Pourtant, après le siège de Toulon, Bonaparte est nommé général de brigade, avec ordre de se joindre à l'armée d'Italie. C'était sa première rencontre avec Bonaparte qu'il rappelle plus tard, lors de l'insurrection royaliste qui menace la Convention, (le 13 vendémiaire an IV, 5 octobre 1795).

De retour à Paris, il est acclamé à la Convention et félicité pour avoir bien mérité de la nation. Par contre, l'accueil du Comité de salut public est glacial. Éloigné de Paris depuis un certain temps, il est surpris de voir la Terreur avoir atteint un tel paroxysme. Bientôt on l'accuse. Il est dénoncé pour avoir destitué le tribunal révolutionnaire de Marseille. Ulcéré, il se bat et obtient gain de cause à la Convention et au club des Jacobins. Quelques temps plus tard c'est en vain qu'il se rend avec Danton et Laignelot, (Danton avait été accusé de pillage lors d'une mission en Belgique) chez Robespierre. Le 11 germinal, Danton est arrêté.

Il est l'un des principaux responsables avec Tallien et Fouché de la chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet 1794). Commandant de la force armée de Paris, il s'empare de la personne de Robespierre et met fin à la Terreur.

En 1794, il est alors nommé membre du Comité de sûreté générale (décembre 1795) puis président de la Convention thermidorienne (février 1795). Il est chargé de défendre la Convention contre les insurgés. Son rôle dans la journée du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) est capital. Secondé par le général Bonaparte, il disperse l'insurrection par la mitraille.

Il est élu au Directoire le 31 octobre 1795 à sa création où il joue un rôle clé, sans discontinuer pendant 4 ans, incarnant une gauche thermidorienne mais ferme face aux menées royalistes. Il forme avec Rewbell et la Réveillère une espèce de triumvirat. Pour assurer leur puissance, ces 3 directeurs font le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), et proscrivent deux de leurs collègues, Barthélemy et Carnot, et un grand nombre de membres des deux Conseils, accusés de tendances royalistes. Il participe aussi au coup d'état du 22 floréal an VI (11 mai 1798). Peut-être a-t-il entamé en 1799, une négociation avec les Bourbons en vue d'une restauration de Louis XVIII mais il est devancé par le coup d'État du 18 brumaire.

À son retour d'Égypte, Bonaparte et Sieyès renversent le Directoire et le 18-Brumaire, Barras démissionne. D'abord relégué dans son domaine de Grosbois, il est contraint à l'exil à Bruxelles. Il revient ensuite en Provence, avant un nouvel exil à Rome.

Il meurt oublié le 29 janvier 1829, accablé d'infirmités, à Chaillot (près de Paris), où il est autorisé bien que régicide et patriote, à rentrer après la chute de l'Empire. Il est inhumé dans la 28e division du cimetière du Père Lachaise à Paris. C'est lui qui fait épouser Joséphine de Beauharnais à son adjoint Napoléon Bonaparte. Devenu empereur, Napoléon Ier l'exile à Rome en 1810 puis le fait interner à Montpellier.

Pour la petite histoire, Barras était connu dans les salons parisiens pour aimer s'entourer de femmes belles et spirituelles... qu'il ne touchait jamais. Il est en particulier le grand ami de Thérésa Cabarrus, surnommée "Notre-Dame de Thermidor" parce qu'elle avait poussé son amant d'alors, le conventionnel Tallien, à renverser Robespierre. Elle lui tint lieu d'épouse et recevait pour lui, si bien qu'on la surnomma cette fois "la reine du Directoire". Il avait épousé, dans sa jeunesse, une jeune fille de chez lui, qui ne souhaita jamais le revoir. C'était un homme de mours dissolues, il était en outre avide d'argent. On l'accuse d'avoir dilapidé les finances et introduit dans l'administration la corruption et la vénalité.

Pendant la période révolutionnaire, un certain nombre de communes ont changé de nom. La commune de Saint-Maximin (Var) a ainsi pris le nom de Marathon. Celle de Saint-Raphaël (Var), voisine a décidé de s'appeler Barrathon en arguant que si leurs voisins rendaient hommage à Marat (Marat-thon), eux rendaient hommage à Barras (Barras-thon).

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